REGARD CAPITAL HUMAIN

GRAND ANGLE 2018

étude Business & Legal Forum - EDHEC

Le droit et les juristes vus par les dirigeants

Volet 2018 - Les grands entretiens

 

 

Voici un regard d'un prisme "capital humain" une perspective confirmée par l'un des spécialistes reconnus des carrières de directeurs juridiques, juristes et avocats d'affaires, Arnaud de Bonneville, associé de Tillerman executive search.

 

 

 

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Une enquête qui confirme ce que le marché nous indique…

 

Cette enquête met en avant les tendances que nous observons sur ce marché depuis 18 ans, en tant que chasseur de tête en recrutant tant pour les entreprises que pour les cabinets d’avocats. En effet, les demandes de nos clients ont évolué. Les entreprises sont devenues de plus en plus exigeantes sur les profils intégrés au sein des directions juridiques, et ce tant au niveau sénior que des directions juridique. Ce qu’elles recherchent ? Des profils de juristes qui apportent des solutions, qui sont aux côtés du business, qui comprennent l’activité de l’entreprise et aident à la faire avancer souligne Arnaud de Bonneville, Associé Tillerman Executive Search.

 

 

Vers des juristes augmentés, plus évolutifs et plus transverses.

 

Mais au-delà de ces critères, les sociétés cherchent de plus en plus des juristes qui soient évolutifs dans la fonction juridique : avec des évolutions internes, en France ou à l’étranger ; mais aussi des juristes qui vont pouvoir évoluer en dehors de la fonction juridique. Nous commençons à voir des évolutions sur des fonctions comme la négociation des contrats clients, côté business (un juriste est devenu l’un des 4 négociateurs capables de signer les contrats de vente d’avions pour Airbus), ou encore des évolutions en M&A au sein de la direction financière. Il y a même des juristes arrivants, sur des fonctions de direction générale, comme aux Etats-Unis.

 

 

Les profils des juristes sur le M&A et le contentieux

 

L’étude le souligne : l’importance du rôle du juriste dans les opérations de M&A et dans la gestion des grands contentieux. Ces deux sujets fondamentaux - l’un très souvent dans la stratégie de croissance de l’entreprise et l’autre dans le pilotage du risque - ont fait évoluer ces dernières années les profils dans les recrutements des juristes d’entreprise. Sur ces deux domaines du droit très différents, les directions juridiques recrutent très souvent, et en priorité, des anciens avocats qui ont été formés dans les meilleurs cabinets d’affaires. La formation en cabinet d’avocats est quasi unanimement reconnue pour ces postes M&A et contentieux. Cette expérience apporte un sens du service clients et une habitude à intervenir sous pression dans des secteurs et sur des dossiers très variés.

 

 

Attirer des talents en contribuant à la refondation de la fonction juridique.

 

Tout ceci est le corollaire des exigences demandées à l’entrée dans l’entreprise, car lorsque l’on va chercher des talents à l’extérieur, et notamment en cabinet d’avocats, il faut les attirer avec ce type de perspectives. Ce fait est également corrélé à la créativité attendue des juristes et révélée par l’étude. En contrepartie, les juristes attendent également que l’entreprise soit créative dans leurs perspectives d’évolutions. Sur ce sujet, les lignes bougent, lentement, plus lentement que pour les fiscalistes, mais c’est une vraie tendance et une vraie demande des juristes. Tous les 3-4 ans, les juristes aspirent à ce qu’il se passe quelque chose dans leur carrière : du management ou une expatriation. Un signe évident de cette évolution : les juristes sont de plus en plus souvent intégrés sur des programmes de gestion de hauts potentiels par les grandes entreprises. Ils sont désormais pleinement reconnus comme des talents à gérer.

 

 

Les qualités recherchées par les dirigeants chez les directeurs juridiques

 

Quels sont les points clefs de la recherche lorsque qu’un dirigeant nous confie la recherche d’un directeur juridique ou d’un secrétaire général ayant des compétences juridiques ? Le volet 2018 de l’étude les désigne : la créativité, l’implication dans le business, et peut-être surtout un rôle de communicant, de commercial du droit dans l’entreprise. Ainsi, les qualités d’un directeur ou d’une directrice juridique sont très proches des qualités requises pour devenir associé en cabinet d’avocats : être un bon manager, un bon commercial / communicant, et évidemment être un excellent technicien. Au sein de certaines entreprises, notamment dans les ETI, il n’est pas rare de constater sur des fiches de poste de direction juridique, la volonté de réduire les coûts des conseils externes et de le voir comme un indice de performance de la direction juridique ou du directeur juridique. Mais cela est loin d’être une généralité.

 

Quant au rattachement de la direction juridique il est certain que les recherches de directeurs juridiques rattachées à la direction financières, comme il en existe encore aujourd’hui, sont bien plus complexes que lorsque les directions juridiques sont rattachées à la direction générale. C’est un enseignement du marché qui désigne aux entreprises une clef pour séduire les profils les plus talentueux.

 

 

 

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Dernière modification : 31/10/2018